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À Stella, pour toujours

L’odeur de ton pain comme celle de ton cou sont devenues mes refuges. L’accessoirisation subtile de tes mains me fait croire que tes choix sont longuement réfléchis. Tu m’as transmis l’authenticité qui réside dans ton regard et je m’efforce quotidiennement de te rendre hommage. Ta force de caractère meuble encore tout mon existence et ça me convient parfaitement. Tes histoires seront mes aventures, que je vivrai à mon tour en devenant une femme de ta descendance.

Ton coeur aime avec la même intensité généreuse chaque fois, malgré les entailles encore apparentes. Tu me regardes comme si j’avais jamais fait d’erreurs, pour me protéger contre mon insécurité qui prend toute la place. Quand tu me serres dans tes bras, je ressens la même tendresse que celle que tu as eu envers tes treize nouveaux-nés posés sur ta poitrine en sueur. Mon coeur veut exploser d’amour pis de peine en même temps, parce que je sais que je vais être obligée de retourner à ma vie ailleurs. Je sens que tu comprends, que t’es fière de ta petite-fille comme de personne d’autre, mais la blessure que créer mon départ en dedans de moi se réparera probablement jamais, même avec d’la crazy glue.

Maman m’a dit que tu étais belle hier. Tu étais heureuse de ton nouveau chez-toi. Tu riais avec toute ta sincérité en complicité avec les autres femmes qui ont vécu cette époque de la noirceur. Je suis heureuse que tu puisses enfin te déposer, installer tes bagues dans un nouveau tiroir et t’endormir satisfaite de la vie que tu nous a généreusement offerte. J’ai hâte de me perdre dans ton regard profond comme une forêt abitibienne, te parler de mon nouvel amoureux. J’apporterai avec moi mon sourire et ma naïveté ; je sais que tu vas me trouver profondément belle. Tu vois, grand-maman, on se ressemble. Nos nouveaux commencements nous illuminent et on rayonne partout sur les autres.

La peur de te perde ne m’effraie pas. Ta vie aura été pour moi un cadeau que l’on apporte en voyage. Ton coeur n’est jamais bien loin ; sur ta main ou dans la mienne. J’entends tes mots qui se déposent et qui m’apaisent. Je ne serai jamais seule même après ton départ. Tu laisses dans ton sillage un mélange d’espoir et de confiture aux fraises. La profondeur de tes idéaux me servira de fondation pour bâtir mes projets collectifs. Tu seras fière de moi, je le sais. Je sentirai ton regard … sur mon courage appris. Mes tumultes seront pour toi des vagues qui se fracassent avec force sur les rochers, mais tu sais que j’y survivrai.  

Photo à la une : Alisa Anton/Unsplash

Femme engagée, gourmande assumée, hippie all the way! Je suis une fille de région qui adore la nature, le yoga et qui s’est découvert une passion pour les êtres humains. Retrouve moi sur www.commedeslapins.com pour parler de sexualité sans bullshit ni préjugé :)

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