Girltalk

À toi la fille brisée qui essaie de te relever.

Tu y as cru l’espace d’un instant que pour une fois toi aussi, comme tout ton entourage, tu y avais droit à ton petit bonheur, à ta petite famille parfaite.

Quand tu l’as rencontré tu t’es dit vas-y mollo cette fois-ci, presse rien anyway si c’est le bon tu vas avoir le restant de ta vie pour être avec. Petit à petit de le voir dans ton quotidien, tu t’es laissé aller pis c’est dans un moment intense que tu y as garroché que tu l’aimais. Il a pas figé, il t’aimait lui aussi. À sa façon, pas à la tienne. Deux façons à l’opposées l’une de l’autre, à deux univers de distance. Tu voyais qu’il essayait, mais il y avait quelque chose. T’as essayé de jouer l’indépendante farouche sans succès. Son indépendance était incompréhensible. À chaque matin tu étais soulagé quand il te disait enfin « Bon matin bb ». Même s’il n’avait pas pris une seconde pour répondre à ton message la veille, tu étais dans ses pensées en commençant sa journée.

Quand tu étais avec lui, c’était parfait. C’est ça le plus dur. La si grande disparité entre les moments avec lui et sans lui. Se sentir comme son univers et se sentir comme une étrangère qui vient sonner $chez vous le samedi matin pour te vendre du chocolat, dérangeante et non désirée. Depuis le jour un que tu avais peur. Il t’avait dit qu’il était indépendant, ce que tu trouvais parfait après la dernière relation que tu as eue où ton ex qui voulait toujours être dans tes bobettes. T’avais jamais rencontré un gars qui te faisait cet effet-là, il était mystérieux, doux, tout simplement parfait.

Quand il te donnait enfin du temps ça t’arrivait de figer et de le fixer pendant qu’il faisait de quoi de simple juste parce que tu n’en revenais pas qu’il soit avec toi. Qu’il t’ait choisi toi et ta marmaille over toutes les autres cocottes sur Tinder. Tu y parlais de tout pis de rien, t’étais pas capable de pas y toucher quand tu passais à côté de lui. Il était ton meilleur ami et quand il t’embrassait en te tapant une fesse tu voulais que ça ne s’arrête jamais.

À un certain moment, pour toi il est venu le temps de mettre les choses au clair sur votre histoire. T’avais besoin de l’étiquette de couple par fierté d’avoir le meilleur pis le plus beau gars. Mais lui c’était non. Il ne voulait pas s’afficher. T’es une des filles les plus compréhensives du monde fak t’a laissé faire. Ça aurait dû être un red flag mais non t’es naïve quand tu aimes pis encore plus quand tes mousses idolâtre cette même personne-là.

Tu profitais de chaque seconde avec lui, chaque soirée à écouter Netflix, chaque nuit à dormir collée. Il était ton pilier et tu te sentais comme la meilleure version de toi-même quand il était là.

T’étais pas jalouse des autres filles qui y parlaient parce que tu y faisais confiance. Mais il t’avait dit qu’il ne voulait pas être en couple. Au début, il avait été clair avec toi, mais il est revenu fak tu t’étais dit qu’il avait peut-être vu chez toi ce qu’il fallait pour changer de direction.

Quand tu as pas eu de ses nouvelles pendant une fin de semaine, c’est là que tu as compris que au fond son indépendance était de l’indifférence. Il avait vraiment l’air de t’aimer, mais il voulait seulement la moitié de votre relation, la moitié où il la vivait à sa façon. Quand tu lui as parlé de tes émotions il t’a ignoré. Il était fermé à discuter de choses sérieuses avec toi.

Fallait pas être étonné quand il a eu la notification Tinder sur son cellulaire. Il avait jamais supprimé son compte. Cinq mois de fréquentation pour lui c’était rien. Tu lui en voulais, mais en même temps tu te disais qu’il avait pas voulu de cette relation-là, il te l’avait dit. Tu avais une boule dans l’estomac. Tu l’aimais tellement simplement. Ton cerveau spinnait dans sa roue comme un hamster en cage. Ça t’as pris deux nuits d’insomnie pour finalement tout arrêter. Ce moment-là tu t’es senti éclater en mille morceaux. Tu l’aimais. Pour toi aimer c’est gros. Ton cœur a tellement eu mal dans le passé que tu voulais plus y mettre de bombes, mais tu l’as fait. Tu as tout donné. Il a tout pris sans rien rendre en retour. Son égoïsme t’aura détruite. Est-ce que tu vas te relever? C’est sur, mais tu ne donneras plus jamais ton cœur de la même façon. À la veille de tes 26 ans tu n’avais jamais vécu de peine d’amour. Il a essayé, mais finalement il t’a brisé. Maintenait fille, faut que tu te relèves et que tu apprennes de cette histoire. T’es forte pis tu peux pas y en vouloir, il te l’avait dit. Tu as cru être celle qui le changerait, mais l’humain change seulement s’il a envie de changer.

Recolle les morceaux de ton cœur. L’amour que tu ressens pour lui va s’en aller doucement et tout ça deviendra un vague souvenir de la fois où tu as été brisée.

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