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C’est correct, d’échouer

L’échec est l’un des concepts que je crains le plus. Je suis possiblement effrayée à l’idée que les gens de mon entourage aient une toute autre vision de moi que celle que je projette; la fille qui réussit. Il y a quelques années, j’ai fait une demande d’admission à la maîtrise en psychoéducation. C’était un peu par automatisme, en fait. Puis, j’ai été acceptée. J’ignore si ma réaction témoignait du soulagement d’avoir réussi à atteindre ce but que toutes les filles du programme et moi nous étions fixé ou si j’étais réellement fière de moi. Chose certaine; j’avais peur. Peur de retourner à l’université afin de me replonger dans mes livres pour deux années supplémentaires. Peur de me tromper. Peur de revoir ces visages qui semblaient avoir trouvé leur voie. Comment fait-on pour être certaine d’être sur notre X? Le fameux struggle de la vingtaine!

Un soir, je discutais avec un ami qui me disait: «Je sais que tu vas continuer, tu vas la réussir ta maîtrise.» Il avait tort. J’ai quitté le programme après quelques semaines, puisque l’échec, à ce stade, aurait été de continuer. L’échec aurait été de ne pas écouter la petite voix qui me soufflait à l’oreille que j’étais faite pour être enseignante. Je pense que dans ce cas, c’était correct, d’échouer.

J’entends certains penser à haute voix: «T’as fait trois ans d’étude dans le beurre?». Erreur. Je les vois comme un processus de réflexion, d’introspection, d’engagement envers autrui. Je les vois comme une période de dépassement de soi, de remises en question, de sagesse développée. Comme un bagage; comme un sac rempli d’outils que je peux consulter au besoin; dans ma vie personnelle, comme dans ma vie professionnelle. Je les vois comme une porte d’entrée vers de nouveaux apprentissages. Je les vois comme un rappel du moment où j’ai rencontré l’une de mes plus précieuses amies que je considère pratiquement comme une sœur aujourd’hui.

Je dirai certainement à mes futurs élèves qu’il n’y a pas de bon chemin à prendre, il y a seulement des expériences à acquérir. Je leur dirai que c’est correct, d’échouer, parfois. Je leur dirai aussi que chaque décision leur permettra de tirer une leçon et que chaque détour les amènera là où ils doivent être, en temps et lieux.

Je me laisse inspirer par les humains qui croisent ma route et les expériences qui me servent de références. Des fois, ça donne des petits textes cutes. Je prends plaisir à vous les partager, un matcha à la main et la caboche pleine de rêves.

1 Commentaire

  1. Wow! ça fait du bien de lire que c’est correct d’essayer des choses, de ne pas trouver sa vocation tout de suite, d’hésiter et de se tromper… C’est ce que je répète tous les jours aux jeunes adultes qui reviennent sur les bancs d’école, après avoir décroché au secondaire (je m’occupe d’une école alternative pour adultes, à Chambly). Je leur dis: tu n’as pas nécessairement perdu ton temps, tu as accumulé de l’Expérience de Vie! Mais le fait de le lire directement sur un blog, ça a plus de portée que juste dans ma salle de classe 🙂 Merci

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