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Maternité

L’attente de la deuxième ligne rouge

Au moment d’écrire ces lignes, je viens de faire un énième test de grossesse qui est encore négatif. Chaque fois, je tente de ne pas vivre dans l’espoir de voir la deuxième ligne rouge apparaître sur le bâton. Sur papier, ça peut sembler bien simple, mais en pratique, je connais mon corps par coeur, chaque petit symptôme qui annonce le début des règles.

Chaque mois, je pense que mon mal de seins, mon humeur changeante et ma fatigue ne sont pas signe d’une grossesse, même si je tente par tous les moyens de me convaincre que j’ai peut-être une minime chance que la deuxième barre apparaisse. Je fais mes tests en secret dans un coin de la salle de bain, juste pour éviter à mon mari de vivre la déception avec moi.

Je vis ces petites déceptions seules et je me dis que le prochain mois va être le bon. Je vous entends me demander pourquoi je n’en parle pas? Parce que je suis tannée de me faire dire que tout arrive au bon moment. Ou qu’il n’y a rien qui arrive pour rien, que je vais tomber enceinte au bon moment. C’est le genre de phrase qui me donne envie de manger les murs. 

Autant, j’ai envie de le crier sur tous les toits et d’avoir le soutien de tout le monde autour de moi, autant j’ai envie de mettre la tête en dessous des couvertes, de pleurer un bon coup et de me relever les manches pour continuer d’avancer. Honnêtement, aujourd’hui, je n’ai pas tant envie de me relever les manches et d’avancer, j’ai plus envie de juste tout mettre de côté et d’arrêter, parce que je trouve ça tellement lourd à porter.

J’ai essayé beaucoup de choses, la médecine alternative, la méditation, travailler mes vies antérieures, faire des libérations, du reiki, je l’ai mis sur un vision board, dans mes objectifs de vie, j’ai appris à vivre dans mon corps en lui donnant le meilleur. Je m’entraîne 5 fois par semaine, je mange bien, je bouge, je vais dehors, je dors bien, je travaille à réduire mon anxiété… MAIS, je suis au même point, avec mes larmes, mon bâton blanc et la minuscule barre rouge.

Je rêve de faire une annonce tellement cute, j’ai déjà acheté les trucs pour l’annoncer à mon mari et à mes parents. J’entends déjà les commentaires, lâche prise et tu vas avoir ça va arriver… Après trois ans de tests négatifs, de médicaments, de calcul, de tests d’ovulation, c’est difficile de lâcher prise. Je vois les gender reveal autour de moi, je trouve ça tellement cute et tellement le fun. J’ai un neveu et une filleule et je suis gaga, je les adore, mais chaque mois, je ne peux m’empêcher de me répéter pourquoi pas nous… Pourquoi le sors à décider que pour nous, ça allait être plus complexe de se créer un petit cocon familial.

Le processus dans une clinique de fertilité est déjà bien entamé. Nous sommes à rencontrer notre médecin pour avoir un plan de traitement… Sauf que quand je vois les coûts rattachés à tout ça et les taux de réussite, j’hyperventile, j’angoisse. J’ai des gens autour de moi qui ont des histoires à succès, mais je me surprends à penser qu’on n’est peut-être pas fait pour être parents et c’est la façon que l’univers a trouvée pour nous le dire. Faire un enfant, c’est supposé être le fun et agréable, deux adultes consentants qui veulent unir leur vie pour créer un petit être, leur transmettre des valeurs et le voir grandir pour faire un monde meilleur.

Même si avec le temps, j’ai appris à me réjouir des annonces de grossesse autour de moi en me disant que personne n’était responsable de nos problèmes, ça ne fait pas si longtemps que je me sens bien avec ça, j’ai longtemps ressenti beaucoup de frustration aux annonces de grossesse autour de moi. Maintenant, je me sens en paix avec ce qui arrive dans la cour des autres.

Aujourd’hui j’ai eu un énième test négatif, dans quelques jours, je rencontre ma médecin pour parler des prochaines étapes, des médicaments que je devrai prendre pour peut-être voir la deuxième barre apparaître sur le test. Aujourd’hui, je n’ai pas envie de me faire dire que tout va bien aller, que le prochain mois sera le bon, que je suis encore jeune pour avoir des enfants… J’ai envie d’avoir un gros câlin, de manger du chocolat, de boire beaucoup de vin et de pleurer!

Je termine en disant, toi qui vis une situation semblable à la mienne, quand tu sens que les blues te rattrapent, que tu perds espoir, que tu ne comprends plus rien à ce qui se passe, fait quelque chose qui te fera plaisir et surtout…vis ta peine, vis ton mal, ce n’est pas en le mettant de côté que ça va aller mieux. Je t’envoie une tonne d’amour, de force et de détermination pour continuer.

About Author

Je suis une fan finie d’Harry Potter et je suis une petite fille de région! J’adore le café, les séries et je gagne ma vie en travaillant directement de mon salon! Je m’inspire de la vie pour créer des articles uniques. Il n’y a rien de mieux qu’une marche sur le bord de la mer pour créer une «vibe» de feu!

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