Quitter le bateau des réseaux sociaux?

Depuis plusieurs mois, je remarque une vague de départs sur les internets. Comme si, pour se ressourcer, plusieurs avaient décidé de quitter le navire et de revenir sur la terre ferme. Comme si, en haute mer, notre vision de la vie n’était pas si claire. Les remous des deux dernières années font des ravages et certains désirent s’ancrer différemment qu’en partageant leur quotidien en ligne. Des youtubeuses bien connues du public prennent leur retraite et se dirigent vers des métiers plus traditionnels. Des créatrices de contenu diminuent leur fréquence de publications. On ressent le besoin de s’en tenir à l’essentiel et de prioriser la santé mentale plutôt que de ramer à contre-courant.

Est-ce qu’en 2022, le fait de quitter les réseaux sociaux est la solution? Est-ce qu’on n’est pas en train de se perdre au large en voguant indéfiniment dans une marée de photos, de réels, de tiktoks et surtout de fausses réalités? (Sans compter les pluies diluviennes d’informations qui déferlent sur ce qui se produit aux quatre coins du globe.) Est-ce qu’on devrait prendre la bouée de sauvetage et abandonner le reste de l’équipage? Ce serait mentir de vous dire que je n’y ai pas songé.

Malgré tout, je pense que j’aime trop me mouiller. J’aime me sentir libre de m’exprimer. J’aime utiliser les plates-formes pour partager. J’aime patauger avec différentes personnalités que je n’aurais probablement pas rencontrées. J’aime réaliser que dans le fond, on ne se déplace pas tous en Yat privés et que tout n’est pas obligé d’être filtré.

Plus souvent qu’autrement, je me rappelle que l’important, c’est l’ici et maintenant. Je me dis que d’immortaliser mon souper n’enlève rien au fait que je peux ensuite mettre mon téléphone de côté pour écouter une amie qui veut jaser. Que le fait de rêvasser en voyant les influenceurs voyager ne réduit pas pour autant le niveau de joie que j’éprouve en mangeant ma crème glacée. Que les beaux clichés et les abonnés ne seront jamais gage d’un bonheur assuré.

I’ll take a kayak, sans hésiter.

Evelyne Chevrettehttp://lespaceurbain.com
Je me laisse inspirer par les humains qui croisent ma route et les expériences qui me servent de références. Des fois, ça donne des petits textes cutes. Je prends plaisir à vous les partager, un matcha à la main et la caboche pleine de rêves.

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