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Danser un slow ou danser en solo

Je t’ai vu au fond de la salle. Tu t’es approché, prudemment, comme un chasseur auprès de sa proie. Par ton regard, j’ai compris. J’ai détourné le mien, en direction du prochain. À ma droite; un nouveau profil. Si j’avais pris le temps de lui parler, j’aurais su qu’il voulait possiblement m’inviter à dîner. Incapable de faire marche arrière, j’étais prisonnière d’une autre étreinte. Celle-ci, quoique ferme et douce à la fois, ne me rassurait pas suffisamment. J’ai tenté de me laisser aller, mais je craignais d’y laisser ma dignité.

Comme tout le monde, j’ai vu ces nombreux films et leur famille parfaite; deux enfants, la maison de banlieue, le chien, le VUS et le chalet. Puis, il y a moi au centre de tous ces idéaux. Moi, planquée au milieu de la piste de danse, qui se demande si le grand A est essentiel à ma vie. Tant qu’à avoir un B, vaut mieux être seule que mal accompagnée.

Notre génération est plutôt du type S : satisfaction soudaine simplement en swipant. On glisse d’un bord pis de l’autre et on enchaîne les pas sur une mélodie déjà fredonnée des dizaines de fois. À l’ère de la Tinder game, en deux-trois mouvements de doigts, on souhaite trouver notre refrain préféré. Too bad, le DJ en a abusé pis mon petit cœur est usé. À quoi bon danser un slow quand on peut danser en solo?

J’ai appris à être seule, mais aussi à composer avec toutes les chansons. Jusqu’à la prochaine balade des gens heureux, jusqu’à la prochaine balade des amoureux.

Crédit image à la une: overdriv3 sur Unsplash

Je me laisse inspirer par les humains qui croisent ma route et les expériences qui me servent de références. Des fois, ça donne des petits textes cutes. Je prends plaisir à vous les partager, un matcha à la main et la caboche pleine de rêves.

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